Croissance positive pour l'ensemble de la zone euro

Selon ses pronostics économiques actuels, la Commission prévoit une croissance positive dans l'ensemble des Etat membres, pour la première fois depuis dix ans. Le PIB devrait augmenter de 1,6 pour cent en moyenne en 2017 et de 1,8 pour cent en 2018. La zone euro a-t-elle surmonté la crise ou n'est-ce qu'un déni de réalité de la part de la Commission ?

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Die Tageszeitung taz (DE) /

La Commission est d'une naïveté confondante

Si la Commission européenne peut se montrer optimiste, c’est avant tout parce qu’elle ferme l’œil sur tous les risques qui sommeillent dans la zone euro, critique taz :

«Prenons un seul exemple : les crédits s’élevant à environ un billion d’euros sont toxiques, ce qui pourrait à tout moment déclencher de nouvelles crises bancaires. L’Italie et la Grèce seraient les premiers pays touchés. De plus, la croissance est gonflée artificiellement : puisque Draghi fait baisser les taux d’intérêt, le cours de l’euro est très bas, ce qui comprime le prix des marchandises européennes sur les marchés mondiaux et booste les exportations. Mais la Commission européenne semble ne pas se préoccuper de toutes ces relations de cause à effet : elle préfère rêver de taux d’intérêt qui grimpent et d'un durcissement des politiques d’austérité dans les pays en crise. Sa justification est d’une naïveté sans nom : la croissance montre qu’il est possible de réduire le déficit. Si Bruxelles réussit à imposer ses volontés, la récession s'invitera au programme. La crise de l’euro pourrait reprendre de plus belle.»

Il Sole 24 Ore (IT) /

L'Italie sur la sellette

Le journal Il Sole 24 fait également part de son scepticisme suite à la publication des prévisions économiques de la Commission. Face à des prévisions de croissance de 0,9 pour cent cette année et de 1,1 pour cent en 2018, le journal doute que la reprise soit au rendez-vous :

«Avec une croissance faible accompagnée par un endettement élevé, l’Italie constitue la mauvaise élève de la zone euro et de l’Union européenne. C’est pourquoi on est persuadé à Bruxelles que l’Italie ne fait pas assez d’efforts pour sortir de l'impasse dans laquelle elle s’est elle-même engouffrée depuis des années. Si l'on ajoute à tout cela les tensions et fluctuations permanentes sur les marchés financiers, on peut en déduire que l'Italie est grandement menacée par l'instabilité. Que cela plaise ou non, ce pays, qui a fait des miracles au niveau des exportations, ne peut pas espérer bidouiller ici et là pour échapper à ses responsabilités. … Les prévisions de croissance de la Commission confirment un état de détresse qui est devenu une habitude et qui n'en est que plus dangereux.»