Le Brexit déclenchera-t-il un litige budgétaire ?

La mise en œuvre du Brexit pose la question du budget futur de l’Union européenne. Plusieurs pays, parmi lesquels l’Autriche et les Etats du groupe de Visegrád, jugent notamment qu’il appartient aux "Etats contributeurs nets" de combler le vide créé dans le budget par la fin de la contribution britannique. De l’avis des éditorialistes, cette querelle budgétaire sera le prochain défi à relever pour l’Union.

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Milliyet (TR) /

Et à la fin c'est l'Allemagne qui paie...

Le Brexit pourrait avoir un impact considérable sur l’équilibre financier au sein de l’Union européenne, explique le journal Milliyet :

«Après l’Allemagne et la France, la Grande-Bretagne est le pays qui participait le plus au budget européen. Cela veut dire que l’UE perd l’un de ses principaux contributeurs. En 2015, la Grande-Bretagne a versé 18,2 milliards d’euros. Cela représente 15,4 pour cent du budget total, qui s’élève à 118,6 milliards d’euros. Dans le même temps, le pays n’a reçu que la moitié de ce montant par le biais du budget européen. La question est désormais de savoir comment compenser le déficit créé par le départ de la Grande-Bretagne. Bruxelles pourrait rapidement devenir le théâtre d’une impitoyable querelle budgétaire. Plusieurs pays ont déjà indiqué qu’ils n’étaient pas en mesure de verser davantage d’argent. L’Allemagne sera visiblement contrainte de prendre en charge le montant de la contribution britannique. Car les autres pays sont résolus à ne pas mettre la main au porte-monnaie.»

Dennik N (SK) /

Pas de coup de pouce aux PECO

La requête des Etats de Visegrád n'a aucune chance d'aboutir, selon Dennik N :

«Le Danemark et la Suède ont clairement fait savoir cette semaine qu’il était hors de question qu'ils revoient leurs versements à la hausse à l’issue du départ des Britanniques. Compte tenu de la réticence des citoyens de ces pays, le relèvement des versements des 'contributeurs nets' n’est pas envisageable aujourd’hui - surtout si cette manne devait profiter à des pays comme ceux du groupe de Visegrád, qui se sont comportés de façon aussi égoïste lors de la crise des réfugiés. Le Premier ministre slovaque Robert Fico et ses homologues du V4 viennent par ailleurs de confirmer, au sommet de Varsovie, leur politique migratoire et leur rejet des quotas de réfugiés. … Les quatre pays feraient mieux de commencer par réduire leurs dépenses publiques et la dépendance de leurs économies vis-à-vis des fonds européens.»